Grèce : Une clause anti-Turquie dans les futurs contrats de défense

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Athènes impose une condition stricte pour ses acquisitions militaires majeures

Le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, est sur le point de transformer la stratégie d’approvisionnement militaire de la Grèce. Selon des sources proches du ministère, une nouvelle ère s’annonce avec l’intégration systématique d’une « clause Turquie » dans les contrats portant sur des acquisitions d’armements d’envergure.

Garanties écrites exigées pour les plateformes d’armement

Cette nouvelle disposition viserait à interdire formellement la revente des principales plateformes d’armes acquises par la Grèce à la Turquie. Le cadre de travail actuellement étudié par le ministère de la Défense prévoit d’exiger des entreprises soumissionnaires des garanties écrites stipulant que les systèmes concernés ne seront en aucun cas transférés à Ankara. Les autorités athéniennes estiment que, sans cette précaution, des investissements se chiffrant en milliards d’euros pourraient être compromis dans leur objectif de dissuasion.

Un contexte géopolitique tendu en Méditerranée orientale

Cette initiative trouve son origine dans la vente par l’Allemagne de sous-marins de type 214, destinés à la fois à la Grèce et à la Turquie. Athènes soutient que cette double transaction a déséquilibré la donne militaire en Méditerranée orientale en faveur d’Ankara. La tension entre ces deux alliés de l’OTAN, déjà marquée par des désaccords persistants sur les zones maritimes et la sécurité en mer Égée et en Méditerranée orientale, s’est ainsi accentuée avec ces accords relatifs aux sous-marins.

Grèce : Une clause anti-Turquie dans les futurs contrats de défense

Dendias avait déjà averti Berlin

Nikos Dendias avait par le passé publiquement mis en garde le gouvernement allemand, soulignant que l’exportation de systèmes avancés vers la Turquie pourrait renforcer significativement ce dernier. Cette déclaration faisait écho à une décision prise par le Parlement turc en 1995, en prévision d’une possible extension des eaux territoriales grecques.

Une nouvelle doctrine stratégique

Cette nouvelle doctrine intervient alors qu’Athènes se prépare à examiner les offres internationales pour l’acquisition de sous-marins supplémentaires. Plusieurs entreprises de défense basées en Allemagne, France, Italie, Corée du Sud et Suède sont attendues dans le cadre de cet appel d’offres. Le gouvernement grec ne se contente pas d’exiger une exclusivité stratégique ; il vise également à renforcer son propre écosystème de défense en imposant une participation d’au moins 25 % de l’industrie nationale dans chaque projet.

Haber Al

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