TÜVTÜRK : Scandales et Violence dans le Secteur des Contrôles Techniques Automobiles en Turquie
Contrôles Techniques : Un Service Public Délégé Qui suscite la Colère
Depuis son introduction en 2007, le système de gestion des inspections de véhicules en Turquie est au cœur de nombreuses controverses. Les citoyens s’interrogent régulièrement sur la pertinence de confier cette mission à des sociétés privées, déplorant les prix élevés, la qualité de service médiocre et l’application de suppléments pour les paiements par carte de crédit. Ces dysfonctionnements, particulièrement marqués au sein des centres d’inspection TÜVTÜRK, ont atteint un paroxysme tragique avec le meurtre d’un policier.
Des Accusations de Favoritisme et de Sous-traitance opaque
Alors que le gouvernement semble ignorer les plaintes concernant les services déficients et les tarifs exorbitants, il est apparu que la station où s’est déroulé le récent homicide à Ankara est gérée par Fuat Tosyalı, un homme d’affaires connu pour ses liens avec le pouvoir. Ce marché, initialement attribué à un consortium composé de Doğuş Otomotiv, TÜV SÜD et Bridgepoint, se caractérise par une cascade de sous-traitance. Ces entreprises, sans engagement direct, brassent des millions en confiant l’exploitation des centres dans tout le pays à d’autres sociétés. Ces dernières sont fréquemment liées à des personnalités proches du pouvoir politique.
Une Répartition des Concessions aux Liens Suspects
La gestion des stations de contrôle technique est disséminée à travers le pays, avec des parts attribuées à divers acteurs. À Istanbul, la ville comptant le plus grand nombre de véhicules, l’exploitation est assurée par TÜVTÜRK İstanbul Taşıt Muayene İstasyonları İşletim AŞ. Dans la région d’Izmir, Aydın et Manisa, les installations sont sous la responsabilité d’Akça Holding, dirigé par Rıza Akça, une figure reconnue pour ses connexions avec le gouvernement. Quant à Ankara, théâtre du drame policier, la station est exploitée par Fuat Tosyalı.

Des Cas Concrets de Favoritisme Politique
Les contrats de sous-traitance pour les centres de contrôle technique sont parfois segmentés par région, parfois par ville. Dans les zones touchées par les séismes, comme Hatay, Adana et Mersin, les stations sont gérées par Adana-İçel-Hatay Araç Muayene Hizmetleri Yapım ve İşletim AŞ, une société appartenant à Hamdi Akın, propriétaire d’Akfen Holding. Dans les provinces de Gaziantep et Kilis, la gestion est confiée à Doğu Taşıt Muayene İstasyonları İşletmeciliği AŞ, une entreprise dirigée par Davut Tolga Batallı, un ancien candidat à un poste de conseiller municipal sous l’étiquette AKP à Üsküdar. Le coût moyen d’un contrôle technique pour une voiture particulière s’élève à 3 288 TL, un tarif qui peut atteindre 3 500 TL si le paiement est effectué par carte de crédit.
L’Indifférence Ministérielle face aux Pratiques Abusives
Il est particulièrement notable que le ministre des Finances et des Finances, Mehmet Şimşek, qui menace de sanctions les petits commerçants pour la perception de commissions sur les paiements par carte de crédit, reste silencieux face à cette pratique systématique au sein du réseau TÜVTÜRK, une situation qui perdure depuis des années.
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